Mario Cadieux «Zamboni» partage sa vie avec la clown Poussière de lune... «Tu peux pas vivre en dehors de cette bulle-là. On est humain, on n'est pas meilleur que les autres. Mais en public par exemple, on ne boit jamais d'alcool». N'importe où, n'importe quand, les enfants peuvent nous reconnaître, explique-t-il. (Photo Pépé)
Un après-midi chez Zamboni
«Je ne suis pas un clown à make up, je suis un clown de coeur»
Il est probablement l'un des rares résidants des Basses-Laurentides à pouvoir inscrire sur la feuille du recensement fédéral, à la question «occupation»: clown professionnel. D'ailleurs, l'inscrit-il? Mes amis, pour cette dernière personnalité de la semaine avant un bon bout de temps, aujourd'hui on se paie Zamboni!
Mario Cadieux- Zamboni- a souligné il y a un peu plus d'un mois, par un spectacle au petit théâtre de la polyvalente Sainte-Thérèse, ses vingt ans de scène et ses douze ans de clown. On revient toujours sur les lieux du crime! C'est en effet à la PST à 16 ans que Mario Cadieux a commencé des spectacles de «stand up» en duo avec un copain. Il y avait beaucoup d'improvisation dans ses numéros à l'époque et le peu qui était écrit, hé bien les deux comparses ne le respectaient pas vraiment!
Aussi loin qu'il se souvienne, Mario Cadieux a toujours voulu jouer sur une scène: «Je voulais faire du Molière, du Shakespeare, je faisais des ateliers de spectacles à Sodarrid, j'ai toujours organisé des spectacles», explique-t-il. En parallèle, cent métiers et cent misères et un cours en Sciences humaines à Lionel-Groulx qu'il mettra beaucoup de temps à compléter...
Il se retrouve à un moment donné sculpteur de ballons pour les enfants au Marché aux puces Mathers et au Ciné-Parc. C'est là qu'il prend conscience- le 29 février 1996 nous précise-t-il!- qu'il est et qu'il sera un clown. Zamboni est né, pour durer: «Zamboni c'est le rôle de ma vie! Il a hérité de mes plus belles qualités. Il est généreux», nous dit Mario.
Mais assez rapidement Mario Cadieux se démarque du clown à «make up». Il joue à visage découvert avec le fameux nez rouge, marque de commerce de la profession. Puis, il y a quelques années, il laisse aussi de côté le nez. Un choix audacieux. Il intègre des tours de magie à ses prestations, un peu de mentalisme, tout en profitant de son expérience de «stand up». Faisant beaucoup d'animation lors des fêtes d'enfants, il explique: «Si j'étais les parents de ces enfants-là, j'aimerais ça, moi, voir le visage du gars qui vient chez-nous».
Un clown sans frontières
À ses activités locales «business as usual» de clown professionnel, Mario Cadieux a ajouté il y a plusieurs années un engagement social et humanitaire, notamment avec l'organisme Magiciens sans frontières. Son premier séjour en Inde a été «incroyablement marquant comme expérience. C'est pas le même niveau de pauvreté qu'ici. À Calcutta, il y a neuf millions de personnes dans la rue, à côté des plus beaux hôpitaux et centres d'achat.»
D'ailleurs, quand nous l'avons rencontré le 8 avril, il rentrait d'un séjour au El Salvador, un deuxième voyage en un an dans ce pays, qu'il a fait cette fois seul sans le soutien de Magiciens sans frontières.
Mario Cadieux bouillonne littéralement de projets pour la télé, le cinéma un jour, etc. et ça prendrait une édition spéciale du journal pour en faire état. Quand je lui demande s'il ne lui arrive pas d'être blasé et comment il fait pour trouver la motivation, pour se renouveler, il semble un peu surpris: «On n'a jamais deux journées pareilles, jamais les mêmes réactions; il n'y a pas deux enfants semblables. Ça m'arrive d'être fatigué, de devoir laisser des amis pour aller faire une seule fête d'enfants dans une journée. Mais t'entends les enfants avant d'arriver. Pis quand t'arrive, t'es le top, t'es la star! Ils me donnent du jus tout le temps! (...) Tu fais ça parce que t'as besoin d'être aimé, combiné à un narcissisme aigu!»
Lâche pas, Zamboni.